‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 137 sur 347 · Massari, Il cùnte di Cavour, p · texte numérisé non relu

Massari, Il cùnte di Cavour, p

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les historiens et les stratèges ; mais nulle pratique, ignorant tout du commandement, et manquant de ces deux qualités indispensables au grand chef, la décision dans les ordres, la hardiesse dans le regard. Dès le début de la campagne, il multiplie ses instructions, en les contredisant. « Rien n'est plus déplorable que l'incertitude qui règne dans le commandement, écrivait son allié et subordonné ; constamment soumis à des ordres et des contre-ordres, nous courons sans cesse le danger de faire de grosses sottises1 ». Le généralissime n'avait arrêté aucun plan de concentration ni d'opération : il s'était adressé à Jomini, le vieux théoricien des guerres impériales, qui avait rendu un oracle à la mode de Cumes, capable de justifier la Sybille en toute éventualité. Et l'empereur de le prendre puis l'abandonner, pour enfin l'appliquer. Sur le terrain, il était comme paralysé par un sentiment humain, l'horreur du sang versé, et par une faiblesse, la crainte des responsabilités ; à Magenta, à l'heure du péril où un Bonaparte improvise dans un éclair de génie, il demeure immobile, l'air effaré, il n'est plus que la figuration du commandement". A ses côtés, de bons soldats, courageux, fidèles, capables d'exécuter, point de grand homme de guerre ; des généraux en rivalité; pas de confiance dans le maître.

Du caractère des chefs résulta la physionomie des hostilités : guerre de rencontre et de surprise, guerre de soldats; c'est le troupier et son chef immédiat qui combattent et dans les armées adverses avec vaillance; mais le « piou-piou » français ou sarde, zouave, grenadier ou chasseur, a le plus de furia; il l'emporte, et souvent de peu, à la pointe de sa

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