‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 141 sur 347 · H. d'Ideville, Journal d'un diplomate, I, p. 244 et suiv · texte numérisé non relu

H. d'Ideville, Journal d'un diplomate, I, p. 244 et suiv

Ricasoli avait vécu depuis 1849 dans son château du Brolio plus que dans les parlotes de Florence ; mais il avait conservé dans la capitale ses relations et son franc parler, il ne la quittait plus depuis la fin de décembre 1858, car il s'attendait au mouvement national ; il ne voulut rien faire sans avoir vu Cavour et le jour même de la révolution partit pour Turin ; ces deux hommes, si différents, se comprirent1, ils parlaient le même langage; de retour à Florence, il accepta « pour deux mois2 » la direction du pouvoir qu'il ne devait quitter que la Toscane unie au Piémont.

Les débuts furent difficiles : il fallait tout organiser, constituer le ministère, réunir une consulte d'État, armer les volontaires toscans, recevoir des troupes piémontaises en prévision d'un coup de main autrichien3. Il n'y avait point unanimité, d'ailleurs, dans l'opinion publique ; de partisans de l'Autriche, aucun ; mais les uns voulaient le rétablissement de la maison de Lorraine avec le jeune grand-duc Ferdinand qui garantirait une constitution libérale ; les autres désiraient une monarchie autonome avec une nouvelle dynastie, peutêtre avec le prince Napoléon ; les autres, inspirés par la Société nationale, réclamaient l'union avec le Piémont; Mazzini avait ses partisans et ses émissaires. Faut-il s'étonner si, pour commencer, les choses marchèrent assez mal? Cavour s'en plaignait amèrement4, et Ricasoli reconnaissait : « Jusqu'ici tout est confusion5 ».

Quelle ligne de conduite adopter ? Quel avenir préparer

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