CAYOL'R
pour la Toscane? Cavour avait son parti pris, depuis la révolution de Florence ; il ne fallait ni restaurer la maison de Lorraine, ni laisser la Toscane en proie aux révolutionnaires de Mazzini, ni introniser dans le centre de l'Italie un prince français, — mais réunir l'ancien grand-duché au Piémont, et en conséquence il avait donné à Boncompagni des instructions secrètes, non de proclamer l'union immédiate, mais delà préparer1. Il avait, semble-t-il, gagné Ricasoli à cette idée; Boncompagni résistait2; tous se demandaient quels étaient les idées, les desseins de l'empereur.
Il n'avait été question de la Toscane dans les conciliabules de Plombières que pour prévoir son agrandissement et sa constitution en royaume de l'Italie centrale3. Napoléon III n'avait même point envisagé l'union des deux États italiens. Mais la révolution du 21 avril changeait bien des idées et des situations ; certes, les conseillers les plus intimes de l'empereur, Walewski, Gramont, ne voulaient pas d'un Piémont étendu jusqu'à l'Arno, et estimaient que « ces questions devaient être tout au moins réservées jusqu'à la fin de la guerre » ; mais le roi Victor-Emmanuel, Cavour, venu à Gênes puisa Alexandrie, ne pouvaient penser de même; Lajaticoet Salvagnoli, délégués par Ricasoli au quartier général, dépeignaient en traits sombres la situation de la Toscane. L'empereur se décida donc, « soit par des considérations politiques, soit par des considérations militaires4 », à envoyer son cousin à Livourne et Florence avec une division5. Maints historiens, et des meil-