‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 149 sur 347 · Malmesbury, Mémoires, 29 mai 1859, p · texte numérisé non relu

Malmesbury, Mémoires, 29 mai 1859, p

merston-Gladstone-Russell, dont Cavour pouvait espérer tout au moins une « cordiale bienveillance ».

La cour de Russie, certes, n'aimait point l'Autriche et avait, elle aussi, envoyé sa circulaire lénifiente en Allemagne ; « l'empereur de Russie se conduit toujours très loyalement à mon égard », écrivait Napoléon1. Mais on ne pouvait guère tirer d'elle d'autre avantage que la localisation de la guerre. Conserverait-elle cette attitude amicale en voyant se développer les menées révolutionnaires, s'effondrer une notable partie des traités de 1815, se soulever peut-être des émeutes en Autriche et sur ses propres confins? elle s'inquiétait de la formation de cette légion hongroise où devaient entrer les hommes qu'elle avait si durement réprimés dix années auparavant; et l'indépendance italienne ne serait-elle point pour la Pologne du plus fâcheux exemple?

La Prusse, sans doute, se disait bienveillante, et, dans sa circulaire du 22 avril, Schleinitz annonçait officiellement que le royaume « ne se laisserait point entraîner par l'Autriche à une guerre... pour les provinces italiennes de celle-ci ». Mais il y avait déjà là une réserve et le doute était permis sur les intentions réelles de Berlin : on y permettrait un affaiblissement, une humiliation du grand confédéré, rien déplus. Dès le mois de décembre, l'ambassadeur de France à Vienne avait écrit que « les tendances de la politique extérieure du prince de Prusse, surtout en ce qui touche aux relations avec l'Autriche, sont encore assez obscures et peu définies2 ». On n'ignorait point, dans les états-majors, qu'au mois de février Moltke avait préparé un plan d'invasion en France3. A la fin de mars, Napoléon prévoyait qu' « il serait forcé de

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