Masi, Risorgimento, p. 4'J
2. Signalons aussi le décret du 17 juin sur la levée des troupes dans k's nouvelles provinces italiennes.
nous n'admettons aucune discussion. Ne tenez aucun compte des sensations de ceux qui vous entourent. Le moindre acte de faiblesse perdrait le gouvernement1. »
En Toscane, l'action du commissaire sarde s'était montrée peu habile; le prince Napoléon la critiquait avec sa fougue .coutumière : « M. Boncompagni perd tout à fait la Toscane, écrivait-il à Cavour; il est peu franc, faible et absurde; il en sera chassé avant un mois, si vous ne le rappelez, et ce sera justice2 ». Et, decette mollesse, il rapprochait le petit nombre des engagements dans l'armée nationale : « Si je pars demain, gémissait-il le 9 juin, je ne pourrai guère emmener plus de 4 à 5.000 hommes... Est-ce pour un pareil résultat que la Toscane s'est soulevée au cri de : Vive la guerre! et a changé la forme de son gouvernement3 ». Cavour n'était pascontentde son représentant et le jugeait avec sévérité. « En Toscane, nous avons fait fausse route, remarquait-il. On y patauge' ». Il avait profité de son passage à Milan pour entretenir l'empereur de la question toscane en lui remettant un mémoire à ce sujet, et il constata que les nouvelles envoyées de Florence parle cousin étaient, sans le vouloir, loin de faciliter l'union de l'ancien grand-duché avec le Piémont. Napoléon avait été évasif,assezdécourageant. Mais, pensait le Sarde, « si la tendance du peuple toscan à l'union est irrésistible, une manifestation de volonté, générale et spontanée, faite sur les modes pacifiques et légaux, ne devrait et peut-être ne pourrait pas être empêchée par le gouvernement du roi et celui de la Toscane6 ».