‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 154 sur 347 · Cavour à Boncompagni, 15 juin · texte numérisé non relu

Cavour à Boncompagni, 15 juin

Or, en ce milieu de juin, sous l'influence de Magenta et de l'entrée à Milan, aussi sous la poussée vigoureuse de Ricasoli, le mouvement unitaire prenait force à Florence, bien que le départ du prince Napoléon pour les armées eût livré le pays à lui-même. Boncompagni, si longtemps hostile à cette tendance, — et la diplomatie étrangère l'en approuvait fort — , y était maintenant gagné. Le comte Walewski et le prince de La Tour d'Auvergne avaient sans trêve insisté auprès de Cavour pour qu'il ordonnât à ses représentants d'éviter tout ce qui préparerait l'annexion de la Toscane au Piémont : bon apôtre, le président du Conseil promettait de télégraphier en ce sens1, et n'en faisait rien. Mais le ministre du quai d'Orsay, lui-même constatait l'effet produit à Florence par la proclamation impériale du 8 juin « à laquelleon attribuait unesignificationfavorableàl'annexion2». Le représentant de la France en Toscane, nettement hostile à l'unité italienne, prévoyait qu'une consultation du peuple « entraînerait tout sous le sceptre du roi de Sardaigne3 ». Et le malin Cavour ne manquait point de signaler au prince de La Tour d'Auvergne « le revirement spontané qui s'était produit depuis quelques jours dans l'opinion publique en Toscane, aujourd'hui favorable à l'annexion ». En effet, le mouvement allait sans cesse grandissant, à mesure que les armées alliées débarrassaient de tous ennemis le sol italien; Cavour avait promis à Napoléon dans leur entretien du 9 juin de tout laisser en état jusqu'à la paix * ; mais il ne pouvait résister à un torrent qui l'entraînait... bien malgré lui, affirmait-il.

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