‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 155 sur 347 · Bianchi, Sloria documentala, VIII, p. 99 et suiv · texte numérisé non relu

Bianchi, Sloria documentala, VIII, p. 99 et suiv

Dans les deux duchés du Pô, l'effet des victoires alliées avait été irrésistible.

A Modène, le duc François V avait pris la fuite le M juin, emportant cequ'il pouvait d'argenterie, de numéraire, debijoux et de manuscrits précieux, k ne laissant que les quatre murs de son palais1 », et il se retira avec 3.000 soldats dans les camps autrichiens. Un gouvernement provisoire se constitua qui proclama l'annexion à la Sardaigne. Constatant que François V était un allié de l'Autriche, qu'il lui avait envoyé des contingents, qu'il s'était réfugié dans ses armées, le cabinet de Turin accepta cette incorporation - et envoya d'abord un commissaire extraordinaire, Zini, puis un gouverneur, Farini, le docteur et ami de Gavour, dont les circonstances allaient révéler l'extraordinaire énergie. Le président du Conseil sarde adjoignait à son ministère une division italienne avec une section des provinces annexées.

La duchesse de Parme avait pris également le triste chemin de l'exil, mais les mains nettes. Son retour du 5 mai n'avait eu qu'un caractère provisoire : elle avait rempli les chancelleries de ses lamentations et de ses placets. Mais, le 9 juin, les Autrichiens annoncèrent leur intention d'abandonner Plaisance, étant appelés à la défense du Quadrilatère : la bonne duchesse abdiqua en faveur de son fils; cependant un gouvernement provisoire, tout comme à Modène, déclara le duché partie intégrante de la Sardaigne et Cavour y dépêcha le comte Pallieri, en qualité de commissaire extraordinaire. Le 16 juin, le président du Conseil notifiait à l'Europe, par une circulaire aux légations royales, que les deux duchés, devenus « partie intégrante du système militaire de l'Autriche » ,

i. Le comte de Masbourg en mission, à Walewski, 23 juin 1859. 2. Rosi, Stovia contemporanea d'Italia, p. 287.

s'étaient trouvés, en fait et en droit, en état de guerre avec les puissances alliées et que la Sardaigne avait dû occuper leurs territoires.

Dans les Romagnes enfin, les événements, non moins graves, étaient plus préoccupants. Depuis un mois les villes y vivaient dans un état d'anxieuse attente ; Magenta produisit un effet magnétique et la population commença à s'agiter. Or, François-Joseph était obligé de ramasser des troupes partout où il en avait : le 11 juin, les garnisons autrichiennes furent retirées de Bologne ; il n'était plus possible au gouvernement pontificalde subsister; le lendemain le cardinal-légat, raconte humorisliquement le chevalier d'Azeglio, envoya chercher le Municipio et lui demanda : « Seigneur, pouvezvous répondre de la tranquillité? — Non, Eminence. — Alors je m'en vais. — Bien, Eminence. » Après le départ du cardinal tout le monde s'embrassa'. En fait, les choses furent moins anodines, il y eut quelques bruyantes démonstrations, conduites par le marquis Tanari, le capitaine Inviti, l'avocat Casarini, — tous affiliés à la Société nationale1 ; mais le légat disparu, tout rentra dans l'ordre, et une junte municipale se constitua en gouvernement provisoire : son premier mouvement fut de télégraphier à Victor-Emmanuel pour lui proposer la dictature (12 juin). Presque le même jour, la révolution éclatait dans toutes les villes des Légations : Ferrare, Ravenne, Faenza, Forli se libéraient de toute autorité pontificale; le mouvement s'étendit à d'autres provinces, dans les Marches à Ancône, dans l'Ombrie à Pérouse et Orviéto : grand vent de tempête auquel rien ne résistait.

Le gouvernement provisoire de Bologne se constitua en

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