Massimo d'Azeglio à E. Rendu, 16 juin
2. Rosi, loc. cit., p. 288; Bersezio, Il regno di Vittorio-Emanuele II, VII. p. 281 et suiv.
junte centrale et prit au compte des Romagnes entières l'offre de dictature déjà envoyée à Victor-Emmanuel ; une délégation fut choisie pour se rendre à Turin et au quartier général, composée de représentants des quatre Légations, le marquis Pepoli (cousin de Napoléon III) et M. Casarini pour Bologne, le comte Rasponi pour Ravenne, le professeur Gherardi pour Ferrare, le comte Albiani pour Forli, tous gens de bonne naissance, point révolutionnaires, point même anticléricaux, mais ardemment unitaires : ils annoncèrent leur prochain départ pour le Piémont.
Cavour était dans un vif embarras : il grillait d'envie que le roi acceptât, car jointe aux duchés, l'incorporation des Romagnes faisait le Piémont « maître des Alpes à l'Adriatique ». C'était presque la formule de Napoléon III dans sa proclamation du 3 mai, changée seulement, le Piémont substitué à l'Italie, — mais l'empereur accepterait-il cette modification, qui aboutissait à un tel bouleversement ? Les Romagnes étaient terres pontificales, soumises à un souverain neutre, et quel souverain, le Saint-Père ! Toucher à son domaine temporel, c'était risquer de soulever toute la catholicité, en France, chez les neutres. Sans doute le roi de Sardaigne n'avait pas reconnu la neutralité du pape, « exprès pour être libre1 », mais la France l'avait fait, et la fille aînée de l'Église, protectrice à Rome môme des intérêts du Saint- Père, consentirait-elle à le dépouiller au nord des Apennins?
Toutes questions embarrassantes, que le premier ministre de Sardaigne pensa d'abord trancher vivement, comme il avait agi pour les duchés; dès le 14 juin, il avisait son représentant à Rome que, pour seconderle vœudesRomagnols de participer à la guerre nationale, le gouvernement royal se