‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 157 sur 347 · Le roi Victor-Emmanuel au prince Napoléon, 19 mai · texte numérisé non relu

Le roi Victor-Emmanuel au prince Napoléon, 19 mai

chargeait de les mettre en état d'entrer en campagne contre l'ennemi commun; il était donc dans la nécessité d'envoyer dans la province un commissaire extraordinaire et quelques troupes1. Massimo d'Azeglio était chargé de cette haute mission et recevait ses instructions le 17 juin2. Mais du quartier général, on mandait à Cavour : « Refusez la dictature, refusez la protection, mais acceptez le concours à la guerre3. » Ce qui signifiait : n'envoyez ni troupes, ni d'Azeglio. Il retarda donc ce double envoi*. Qu'adviendrait-il quand Bologne apprendrait cette fâcheuse nouvelle? Les délégués, arrivés à Turin, craignaient des désordres et d'Azeglio- annonçait déjà : « Mazzini et ses assassins régneront3 ».

Le gouvernement pontifical s'était promptement ressaisi et avait avancé des troupes en Ombrie et dans les Marches ; le 20 juin, le colonel de la garde suisse bouscula les milices nationales et entra dans Pérouse ; les soldats pontificaux s'y conduisirent en pillards, et, au récit de leurs honteux excès, un cri d'indignation s'éleva dans toute l'Italie. « Ces horreurs ont produit en Romagne une levée en masse », écrivait Massimo d'Azeglio *, et le prince de La Tour d'Auvergne constatait que « l'agitation à Bologne et dans les Romagnes était très grande depuis les événements de Pérouse 7 ». Ancône et les petites villes du centre avaient repris le joug delà papauté.

La délégation de Bologne avait reçu à Turin un accueil

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