Massimo d'Azeglio à E. Rendu, 3 juillet
7. Télégramme La Tour d'Auvergne à Walewski. 24 juin 1859,1 h. 40.
222 GAVOUR
très bienveillant de Cavour, mais cela était prévu ; elle devait maintenant risquer sa démarche auprès des souverains, et ceci était angoissant. Le 23 juin au matin, elle fut reçue par Victor-Emmanuel dans une bicoque campagnarde : le marquis Pepoli lut un mémoire exposant la situation des Romagnes et offrant la dictature au monarque de Sardaigne ; celui-ci répondit sur le thème : « Comptez sur moi » ; « quant à la dictature, ajouta-t-il, c'est une chose bien grave à cause des continuels obstacles suscités par la diplomatie 1 », et, après s'être plaint du pape, — ce qui ne manquait point d'ironie — , il engagea les délégués à se rendre chez l'empereur. Ils le virent le même soir à Montechiari et lui lurent une adresse exposant les sentiments et les vœux des populations romagnoles 2 ; aimable, très réservé, signalant en quelques mots les difficultés soulevées par la dictature, Napoléon recommanda aux délégués de participer fortement à la guerre de libération : « Armez-vous jusqu'aux dents. »
La députation était découragée, car les monarques ne parlaient que d'une vague « tutelle » de Victor-Emmanuel sur les Légations. Plusieurs des délégués vinrent à Turin en référer à Cavour qui rejoignit ensuite au quartier général le 26 juin le marquis Pepoli et le comte Rasponi ; le premier ministre sarde vit ce même jour l'empereur et parvint à une entente avec lui ; car le lendemain, à son retour à Turin, on apprit que « le roi avait consenti à l'envoi d'un commissaire à Bologne pour organiser les armements et maintenir l'ordre public » ; quelques jours après, on sut que le Piémont y envoyait non seulement des officiers instructeurs, mais deux bataillons pour maintenir l'ordre. Et lorsque, au nom du