Sybel, Die Begrundung, II, p
s'il agissait spontanément1, l'Angleterre à proposer un arrangement sur ces bases : l'attribution de la Lombardie au Piémont, la création, au profit d'un archiduc autrichien, d'un royaume séparé comprenant la Vénétie ainsi que le duché de Modène, la constitution de tous les États italiens en une Confédération 2. Mais le ministère whig avait, on l'a dit, d'autres vues; lord Palmerston répondit donc évasivement : entreprendre une négociation sur ces bases, ce serait demander trop ou pas assez ; trop pour l'Autriche qui n'était pas suffisamment écrasée pour les accepter, pas assez pour l'Italie, qu'inquiéteraient la constitution d'un grand État vénitien pénétrant par Modène au centre de la péninsule et le maintien de l'Autriche dans son rôle antérieur ; puis, — et ceci est tout à fait joli, — il ajouta « qu'après les déclarations solennelles de l'empereur, il était disposé à voir dans un projet de cette nature une sorte de faiblesse, de découragement fâcheux pour la gloire de l'empereur, le prestige de ses armes et l'indépendance de l'Italie ! 3 » Bref, solidement installé dans les bienfaits de la paix, il engageait ses amis à continuer les horreurs de la guerre.
Force était à Napoléon de choisir entre ces deux éventualités : ou poursuivre une lutte acharnée et sujette à nouvelles complications, — ou proposer la paix avant que fût atteint le but de la guerre.
Dans sa décision, l'empereur fut guidé par des motifs nombreux et complexes 4. Il était ému des horreurs de la
1. « Sans nous compromettre », écrivait Walewski dans une lettre personnelle à Persigny, 5 juillet 1859.
2. De la Gorce, Second Empire, III, p. 106 et suiv. ; Bolton King, Unité italienne, II, p. 82.
3. L'entretien de Palmerston et Persigny se tint le 7 juillet, donc après l'envoi du général Fleury. — Persigny à Walewski, 7 juillet 1859.