‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 163 sur 347 · Paléologue, Cavour, p. 237 et suiv · texte numérisé non relu

Paléologue, Cavour, p. 237 et suiv

guerre, telles qu'il les avait vues sur les champs de Montebello, de Palestre-, de Magenta et de Solferino1 ; blessés livides, moribonds râlant leurs souffrances, cadavres déchiquetés, cet effroyable spectacle lui poignait le cœur, sentiment humain et généreux, mais tardif, le fléau une fois déchaîné. Aux abominations de la guerre se joignaient les épidémies suscitées par la fatigue des troupes, la rigueur d'un climat torride. L'armée était épuisée, car on avait abusé de ses forces ; point de grand chef, et Napoléon s'apercevait qu'il n'avait aucune des qualités militaires de son oncle ; des généraux en désaccord ; des services fonctionnant mal ; le soldat obligé de se débrouiller comme en Afrique ; des contingents trop rares de Toscane ou des duchés ; les dépôts de France se vidant; en arrivant à l'armée, le prince Napoléon avait été frappé de sa désorganisation : « On n'avait pas d'hommes, disait-il à Kossuth le 26 juin, la campagne avait coûté trop de sang; Vérone était une position formidable. Et qu'arri* verait-il si les armées alliées y subissaient une défaite2? »

L'empereur savait qu'en France l'opinion publique était émue des pertes trop nombreuses, éprouvées pour une fin qui ne touchait point aux intérêts directs du pays. « Il paraît qu'à Paris le parti de la paix redouble d'efforts », écrivait Cavour3 ; et l'impératrice mandait que « l'opinion publique devient exécrable4 ». Vaincu dans une guerre impopulaire, l'empereur eût été balayé. Vainqueur, il n'avait pas l'appro-

1. Dès l'alestro, Bourbaki disait : «Je regrette d'avoir montré le champ de bataille à l'empereur, parce que cela lui a fait une telle impression qu'il va s'arrêter. »

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