Cavour au prince Napoléon, 1" juillet
4. L'impératrice au comte Arese, Pergani, Sapoleone III. Eugenia de Monlijo e Francesco Arese, dans la Nuova Antologia du l01 janvier 1921, p. 20.
bation de ses amis : Walewski, Gramont, les diplomates du quai d'Orsay, même le maréchal Randon, hostiles à la guerre dès son début, lui voyaient prendre un développement périlleux, capable de constituer une nouvelle Prusse au flanc de la France ; le parti clérical était furieux de la révolte des Romagnes qui portait un coup droit à la papauté, et l'impératrice écrivait à son époux sous cette influence. De Paris, l'empereur recevait donc des lettres pessimistes.
Il n'était point satisfait de la tournure prise parles événements en Italie : de même qu'il n'avait point prévu les horreurs de la guerre, il n'avait point envisagé, quoique averti, la cascade de révolutions qui bouleversaient toute la péninsule. Maintenant il percevait que l'Italie, en se constituant, se soustrairait nécessairement à l'influence qu'il comptait y exercer; il avait cru au maintien de quatre Etats différents : l'Italie septentrionale sous l'égide de la maison de Savoie, l'Italie centrale sous le grand-duc de Toscane ou tout autre prince à déterminer, l'Etat pontifical amoindri mais subsistant, le royaume de Naples ; et il voyait se dérouler un mouvement qui tendait à l'unité italienne et dont la direction lui échappait ; partout où entraient ses troupes, où la révolution faisait maison nette, Cavour prenait le pouvoir, directement en Lombardie, par des commissaires dans les duchés, en Toscane, dans les Romagnes. L'empereur des Français était acclamé, ses soldats couverts de fleurs, mais en libérateurs étrangers, et c'est à Turin qu'on prenait inspirations et ordres. Il s'en était « âprement » expliqué avec le ministre sarde1.
Enfin et surtout2 il voyait se former contre lui une formi-