‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 165 sur 347 · Cavour à La Marmora, 27 juin · texte numérisé non relu

Cavour à La Marmora, 27 juin

2. La réalité de ce péril a été contestée par plusieurs historiens, et Chiala, III, préface, p. 191, le traite de « prétexte .» ; c'est nier l'évi-

dable conspiration de l'Europe centrale, qu'il ne pouvait combattre en même temps sur le Rhin et en Italie : car le ministre Schleinitz avait beau multiplier les paroles pacifiques, l'empereur ne pouvait se faire illusion sur les intentions de la Prusse ; bien renseigné, il savait le prince-régent « fortement remué » dans ses sentiments allemands par les défaites des Autrichiens et les conséquences qui en pourraient découler1 ; soldat en l'âme, Guillaume eût voulu conduire l'armée de l'Allemagne au combat et il n'en était de possible qu'avec l'ennemi héréditaire ; si le parti libéral, représenté par Auerswald dans le cabinet de Berlin, était hostile à la guerre, les conservateurs étaient trop allemands pour ne point courir à la défense des frères autrichiens, alors surtout que ces confédérés luttaient pour la bonne cause et contre l'esprit révolutionnaire; les moyens et petits États bouillonnaient, et le ministre de Saxe à Berlin, comte de Hohenthal, écrivait vers la fin de juin à son gouvernement que « dans un temps donné les cours allemandes parviendraient à entraîner la Prusse dans la guerre... Il faudrait se résigner à subir l'hégémonie de la Prusse, désagrément momentané, la guerre finie les princes se jetteraient dans les bras de François-Joseph... L'important était de sauver l'Autriche à tout prix puisqu'elle est l'œuvre du salut2 ». Des agents secrets signalaient « la résolution prise par la Prusse d'intervenir si l'on franchissait le Mincio » ; le prince Guillaume avait longtemps résisté à l'entraînement de l'Allemagne, mais il

dence. Entre la Venétie et ses propres départements de l'Est, l'empereur des Français ne pouvait hésiter. Cpr. Beyens, Le Second Empire (1925), t. I, p. 167 etsuiv.; Friedjung. Der Kampf..., I, 30; le discours de Bismarck au Reichstag, 8 février J 838 ; et Mazziotti, Napoleone III e l'Ualio, p. 157 et suiv.

1. Le marquis de Moustier au comte Walcwski, 20, 26 juin 1550.

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