Masi, NeW Ottocento, p
n'est-ce point un grand résultat, alors que « V Autriche ellemême eut conscience que la situation de l'Italie n'est point heureuse et demande des améliorations » ; les puissances occidentales ont adressé à certains souverains le conseil d'améliorer la situation de leurs États, personne n'a pu s'imaginer qu'elles appuieraient leurs conseils par la force. M. Brofîerio reproche au cabinet de n'avoir point envoyé une flotte en Sicile : mais celui-ci ne cherche point à exciter ou à appuyer en Italie des mouvements désordonnés, de vaines et folles tentatives de révolution. Grâce à cette sage politique, le gouvernement de Victor-Emmanuel a obtenu de la guerre d'Orient, du Congrès de Paris « un grand profit moral. Après ce qu'on nous a vu faire, le nom d'Italien, de Sarde est devenu à lui seul un titre à la sympathie et à l'estime de quiconque, au delà des Alpes, est un cœur généreux et une âme affranchie. Est-il donc vrai que ce soit là peu de chose l ? »
En réalité, il tendait à mieux, et, certain que la question italienne se réglerait un jour sur les champs de bataille, il préparait le combat; La Marmora profitait des expériences faites en Orient pour reprendre l'organisation de l'armée ; le point vulnérable du Piémont était sa frontière orientale, et la campagne de 1849 en avait démontré le danger. Le 8 juillet 1856, un rapport au roi signale la nécessité de fortifier Alexandrie parce que l'Autriche, au mépris des traités de Vienne, s'occupe à faire de Plaisance une forte place de guerre2 : le roi en ordonne ainsi et les travaux s'engagent. La mesure soulève un vif enthousiasme en Piémont, et bien au delà de ses frontières : la presse sarde organise une souscription pour offrir au gouvernement les cent canons destinés à garnir les
1. Cavour à la Chambre des députés, 15 janvier 1S57. Arlom et Blanc, p. 364-373.