Souvenirs de Kossulh, lo juillet
2. Cavour à La Marmora, lô juillet: à Rattazzi, 24 juillet 1850.
3. « La dignité ne me permet pas de faire autrement », disait-il à Massari le 15 juillet.
juste et durable impopularité; quelle conduite tenir envers ses amis de Toscane, des Romagnes, des duchés, qui s'étaient engagés, compromis à sa suite? Il préférait laisser ces difficultés à ses successeurs, pour revenir à son heure, et reprendre ses grands desseins.
La nouvelle des préliminaires produisit dans l'Italie entière une sensation douloureuse. Déjà l'armistice avait soulevé à Turin une vive inquiétude; on trouvait les ouvertures prématurées avant la prise de Vérone, on craignait que la Yénétie demeurât sous la domination autrichienne1. A la signature des préliminaires, on fut « foudroyé » 2 : la déception était trop forte devant l'effondrement des espérances trop hautes qu'avaient suscitées tant de victoires et de proclamations; le maintien des Autrichiens dans les forteresses constituait une menace perpétuelle sur le flanc de la Lombardie; la Confédération italienne n'était qu'un leurre, car son chef ne serait ni le pape, ni le roi de Sardaigne, mais l'empereur d'Autriche, membre par sa province de Vénétie, maître par ses feudataires, les souverains de Toscane, de Modène, de Parme, de Naples... et de Rome3. Les plus modérés étaient « plongés dans une profonde stupeur* ». Les simples et les violents laissaient aller leur colère : à Turin, chez tous les marchands de gravures, le portrait d'Orsini était substitué à