Villamarina à Cavour, 1er juillet
celui de Napoléon ' . Partout, même indignation. A Bologne, le chevalier d'Azeglio ne maintenait Tordre qu'en enfreignant les instructions de son roi2. A Modène, l'énergique Farini déclarait que, si le duc revenait, lui-même le traiterait en ennemi du roi et de la patrie, car «je ne me laisserai chasser par personne, dût-il même m'en coûter la vie3 ». Parme, que les préliminaires de la paix semblaient attribuer au Piémont, se réjouissait de son sort et déplorait celui de ses voisins. A Florence, « la consternation était dans toutes les âmesv » et l'effervescence était si vive que le ministre de France craignait que sa légation, sa famille, les Français habitant la ville, ne fussent en danger5. Il fallut la froide vigueur de Ricasoli pour « tout calmer6 ».
La paix signée, rien ne retenait les souverains aux camps : tandis que François-Joseph regagnait Vienne, moins riche d'une province, Napoléon et Victor-Emmanuel prirent le chemin de leurs capitales; à Milan, où ils s'arrêtèrent quelques heures, l'empereur fut acclamé par la population comme son libérateur. On raconte que pendant leur voyage, et s'entretenant de la brusque fin de la guerre, Napoléon déclara : « Votre gouvernement me paiera les dépenses de guerre, et nous ne penserons plus à Nice et à la Savoie. Alors nous verrons ce que pourront faire les Italiens tout seuls. — J'espère, riposta le roi, que tous nous ferons notre devoir
1. Le soir de son bref séjour à Turin, Napoléon III assistait à une représentation au Théâtre royal; une danseuse, M"e Orsini, participait à un ballet : « Vive Orsini », cria le public du parterre et des loges. Pagani. Napoleone 111, Eugenia e Arese. loc. cit.