‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 173 sur 347 · Cavour à La Marmora, 16 juillet · texte numérisé non relu

Cavour à La Marmora, 16 juillet

2. L'agent consulaire de France au ministère des Affaires étrangères, rapport daté de Chambéry, 18 juillet 1859.

3. C. Bianchi à. Boncompagni, 17 juillet. « Popolarilà Cavour ingranditissima, rende difficile formazione Ministerio nuovo. »

■4. Zanichelli, Cavour, p. 344. Sous mains, il procurait des fusils aux habitants de Modène. Bianchi, VIII, p. 868.

prise1 ». Enfin, le 19 juillet, le nouveau ministère était constitué, avec La Marmora, président du Conseil, ministre de la Guerre, Rattazzi à l'Intérieur, Dabormida aux Affaires étrangères. Avec une infinie tristesse, Cavour quitta ce cabinet du Palais ministériel où, depuis sept années, il avait tant travaillé, tant produit, tant espéré; deux jours après, il se retirait à Léri, annonçant son prochain départ pour Chamonix2.

Dans ces mêmes journées, Napoléon reprenait à Saint-Gloud l'exercice du pouvoir impérial : mais les pavoisements et les fanfares, les acclamations de la foule, les congratulations officielles, les fêtes et la rentrée triomphale des troupes ne pouvaient lui dissimuler la réalité: pour la France, sa campagne guerrière était sans résultats; elle avait révélé les vices de l'organisation militaire, car à la vaillance des hommes s'opposaient la faiblesse du commandement et les défaillances des services annexes ; elle avait démontré les fautes de sa politique, qui l'avaient arrêté net dans son action militaire, le forçant à reculer devant les menaces sur le Rhin ; il avait favorisé en Italie l'éclosion d'un grand, d'un noble mouvement national, mais sans que son pays en profitât, et même à son propre détriment, car il avait résolu ce problème... ou réalisé ce paradoxe : « Aller en Italie avec 200.000 hommes, dépenser un demi-milliard, gagner quatre batailles, restituer aux Italiens une de leurs plus belles provinces, et en revenir maudit par eux3 ». L'Italie lui échappait, dépassant, brisant les barrières dans lesquelles il pensait la renfermer. Et quoi

1. Farini à Cavour, 15 juillet, et Cavour à Farini, 17 juillet 1859.

2. Cavour à Villamarina, 21 juillet; à Mm° de Circourt, 22 juillet 1859, de Léri.

3. M. d'Azeglio à E. Rendu, 24 juillet 1859. L'impératrice à Arese, 26 août 1859 : « ...L'ingratitude de tout un peuple contre un pays et un souverain qui ont tout risqué pour donner à la nation italienne une forme à la place d'une utopie ».

qu'il eût fait, combiné officiellement ou secrètement, dépensé des finances et des soldats de France, la question italienne demeurait ouverte. De la convention de Villafranca, il ne resta que l'annexion de la Lombardie au Piémont et le maintien de la Vénétie à l'Autriche, germe d'une nouvelle guerre où sombrera le prestige des Bonaparte.

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