‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 180 sur 347 · Reiset à Gramont, 3 septembre · texte numérisé non relu

Reiset à Gramont, 3 septembre

avaient parlé; mais leurs chefs savaient qu'il est bon d'appuyer de tels vœux sur de bonnes troupes, fortement armées Au milieu d'août, ils unirent leurs forces en une Ligne militaire, capable de réprimer, suivant l'expression de Cavour quelques mois plus tard, « par ses propres moyens toute tentative de restauration que risqueraient avec des forces mercenaires les anciens gouvernements1 ». Le commandement suprême en fut confié à un général hardi, Fanti, ayant pour premier lieutenant le héros populaire, Garibaldi. Recrutement des hommes, achat de fusils et de munitions, mesures financières, tout fut accéléré, de manière que l'armée unie pût comprendre dans les premiers mois de 1860 une centaine de mille hommes avec une forte artillerie2.

Pour l'union projetée de Victor-Emmanuel et de l'Italie centrale, celle-ci était prête et même richement dotée; mais le roi allait-il accepter? Certes, l'envie ne lui en manquait point, toutefois en avait-il la faculté? Il n'avait à prendre souci ni des revendications des « rois en exil », ni des plaintes du Souverain Pontife, ni de l'opposition de l'Autriche; l'Angleterre ratifierait « l'acceptation provisoire, en vertu du droit d'une nation libre et du vote légitime des populations3 ». Mais que penserait, que dirait, que ferait le puissant allié? On savait la résistance de ses conseillers habituels, Walewski, La Tour d'Auvergne, Gramont, et que le ministre des Affaires étrangères écrivait à son représentant en Piémont : « L'empereur a trop confiance dans la sagesse du cabinet de Turin pour mettre en doute son refus d'acquiescer à une

i. Cavour à Fanti, 8 janvier 1860. Bolléa, Una Silloge, p. 172.

2. Farini au prince Napoléon, 28 décembre 1859. Gomandini, 11 principe Napoleone, p. 179.

:5. Rattazzi à Arese, 28 août 1859, après réception d'un télégramme de Londres. Cf. Signoretti, La politica inglese durante la crisi resolutiva dvll Vnità d'ilalia, loc.cit., p. 237 et suiv.

Cavour. — in. 17

mesure don! il n'aura pasmanqw d'envisager d'avance et de

mte la gravité ► ; -'il en était autrement, le gouvernement J serait i dans la pénible nécessité de ■• à la Sardaigne un appui qu'il ne saurait Lui conserver - manquer à ses propres engagements1 ». On n'ignorai!

point qu'à côté mémo de l'empereur, une haute influence s'exerçait en faveur du pape et en obstacle à L'unité italienne.

>n sang crie vengeance, écrivait L'impératrice, contre

1 tout un pays envers le pays et le souverain

qui ont tout risqué pour donner a la nation italienne une

forme à la place d'une utopie3 a Mais quelle était L'inl

pensée, le i secret a de Napoléon; Devant les divers délé-

5 qui L'avaient visité à Saint-Cloud, il s'était montré favorable à L'indépendai - peuples de l'Italie, mais, à 1 moindre allusion à leur union, fuyant et réfrigérant. Jusqu'à quel point laisserait-il faire ? Devant cette question les ministresardes hésitaient, connaiss qu'on appelait à Turin, alternativement. 1' oracle ■ ou le i sphinx des Tuileries »; ils ne l'avaient point, comme leur prédécesseur, pénétré jusque dans les moelles De là. L'appel de Flatta

iut, qui le : Dans leur- incertitude, ne

ivant recourir à la voie officielle de Walewski, ils résolurent rès N on un homme qui eut sa

Lance : il n'était pas à trouver mieux que le comte Arese. Sur le conseil de son ami Conneau. Arese était déjà venu à Saint-Cloud au début d'août; rouvé le couple

impérial très irrité de l'irritation italienne. Eugénie se déclarant prête à rendre s haine pour haine9 •. Dans un entretien

i. Wa '..-. Tùur d"Auvergrte. 1S. 26 aoùl U

i. L'impératrice au comte Arese. 26 août 1859.

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