‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 183 sur 347 · Supra, t. II, p · texte numérisé non relu

Supra, t. II, p

curiale1, d'ailleurs raisonnable, où il était exposé que les sacrifices de la France méritaient quelque reconnaissance et que Ton tînt compte de ses avis; cependant, il y était annoncé que les archiducs ne seraient point ramenés par une force étrangère. En Italie, l'effet fut nul. « C'est de la poudre aux veux de l'Autriche et de l'Europe », disait-on à Reiset2; Massimo d'Azeglio, qui, du premier choc, « avait perdu ses étriers », les reprit vite, comprenant que l'article avait été rédigé par l'empereur « pou;' dégager sa parole envers l'Autriche » ; et Cavour, qui connaissait le rédacteur jusqu'au tréfonds de l'âme, ne s'émut point de si peu.

Aux délégués de Toscane succédèrent le 15 septembre ceux de Parme et de Modène, ensemble, pour manifester publiquement leur indissoluble union. Même cérémonial, mêmes déclarations au nom de chaque État, même réponse du roi, pareillement et préalablement soumise à Napoléon, et, pour finir, même visite à la casa Cavour.

Pour les gens des Légations, il fallut modifier le protocole, car force était de ménager les susceptibilités légitimes de leur souverain ; Victor-Emmanuel profita d'un voyage pour les recevoir le 24 septembre dans son château de Monza, afin d'éviter les manifestations de Turin, — ce qui indigna fort les purs3; sa réponse, soumise la veille à Cavour4, débutait par un habile parallèle des devoirs envers Dieu et envers les hommes : « Prince catholique, je professe en toute occasion une profonde et inaltérable révérence envers le Chef suprême de l'Église. Prince italien, je dois reconnaître que l'Europe en reconnaissant et proclamant que les conditions de votre

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