Le roi Victor-Emmanuel au pape Pie IX, 17 septembre
2. Dépèche-circulaire de Dabormida aux agents diplomatiques de la Sardaigne, 28 septembre 1859.
3. Napoléon III au comte Arese, 3 et 4 octobre 1859, de Biarritz. II ajoutait : « Je vous le dis sans outrecuidance, je suis seul ici dévoué à la cause italienne. » Dans son entourage, il n"y avait, en effet, que Persigny pour partager ses pensées, et il était à Londres.
déclarât qiT « une nouvelle ère de gloire s'ouvrirait pour l'Eglise, si tout le monde était persuadé que le pouvoir temporel du Saint-Père n'est pas opposé à la liberté et à l'indépendance de l'Italie ». On s'en émut à Turin, et on décida d'envoyer aux Tuileries le ministre des Affaires étrangères, Dabormida, avec une lettre autographe du roi; en même temps se rendaient à Paris les délégués de Toscane, de Parme et de Modène : c'était un vrai congrès d'Italiens notables, tous jaloux de faire parler le sphinx1. Sa réponse fut celle déjà donnée à Arese, à la fin d'août, et il la développa dans une réponse non moins autographe, qu'il remit à Dabormida pour Victor-Eoimanuel : « La guerre a souvent de moindres complications que la paix... Je suis lié par le traité. » Néanmoins il se proposait de demander au Congrès l'attribution de Parme et Plaisance à la Sardaigne, la duchesse de Parme recevrait Modène ; le grand-duc Ferdinand devrait rentrer en Toscane; la Vénétie aurait une représentation, une armée et une administration séparées ; « une Confédération basée sur les besoins réels comme sur les traditions de la péninsule et sur l'exclusion de toute influence étrangère, viendrait assurer l'œuvre de l'indépendance de l'Italie2 ». Ainsi parla Zarathustra; mais Dabormida et les délégués toscans ou modénais eurent l'impression qu'il n'avait pas dit son dernier mot.
Cependant les négociateurs du traité de paix s'étaient réunis en août à Zurich et discutaient avec une sage lenteur : eux-mêmes sentaient-ils que leur écrit serait bien vite démodé? Le marchandage se prolongea sur les questions