De La Gorce, Second Empire, III, p
2. L'empereur Napoléon au roi Victor-Emmanuel, 20 octobre 1859. La lettre parut peu de jours après dans le Times, et le 31 octobre, en première page du Constitutionnel, journal inspiré par les Tuileries, avec cet « en-tète » : « Nous avons tout lieu de croire cette lettre authentique ■>.
d'argent : il en est d'autres exemples. Après quelques traités préliminaires, ils signèrent le 10 novembre l'acte final qui avait pour base les stipulations de Villafranca. La réorganisation de l'Italie était renvoyée à l'examen d'un Congrès, avant la décision duquel rien ne serait touché aux frontières anciennes, — fors en Lombardie. A lire ce traité1, on a l'impression ressentie devant. une machine très savante, très compliquée, mais incapable de fonctionner et rouillée en peu de jours : l'inventeur y a tout mis, sauf la faculté de servir. Deux mois après, dans une lettre où il adorait ce qu'il avait brûlé, Cavour s'exclamait : « Bénie soit la paix de Villafranca2. w Oui certes ! tout en était faussé.
Cependant les gouvernements de l'Italie centrale n'attendaient point l'aide étrangère pour s'organiser, pour serrer leur union entre eux et avec le royaume de Sardaigne : dans la volumineuse correspondance qu'il entretenait de Léri,. Cavour les poussait de toutes ses forces. Ainsi prirent-ils une série de décrets étendant aux quatre Etats la législation sarde en matière de droit pénal, de statut constitutionnel, de douanes, de procédure, d'exécution des jugements, de finances, toutes mesures de la plus haute importance3, car l'unité d'une nation est faite par l'accord des lois et des mœurs ; parfois, avec une louable abnégation, ils abandonnaient