Cavour au prince Napoléon, 25 janvier
3. « Cette unification des intérêts industriels et commerciaux de ces pays est un pas de plus vers l'union politique et définitive », écrivait le prince de La Tour d'Auvergne le 8 octobre 1859 à propos de l'abolition des douanes intérieures.
une législation plus avancée pour hâter l'œuvre de l'unificateur et apporter par ailleurs les progrès déjà réalisés par euxmêmes. « A l'année nouvelle, écrivait Farini le 5 décembre, de Plaisance à la Cattolica, toutes les lois seront piémontais?s... Sans me pendre, sans brûler Parme, Modène et Bologne, par Dieu! ne reviendront ni prêtres ni ducs. »
Ce'te œuvre ne se faisait point sans à-coups : le S octobre, l'assassinat à Modène du colonel Anviti risquait de « déshonorer 1ê cause italienne par un acte du plus sauvage vandalisme1 ». A la fin du mois Garibaldi donnait des inquiétudes, car, tel le bouillant Ajax, il voulait toujours partir en guerre, et préparait une randonnée dans les Marches, peut-être jusque dans les Abruzzes2; Fanti, quoi qu'il fût son chef, était sur lui sans autorité; Victor-Emmanuel manda le héros pour le calmer, mais « il avait peu d'espoir d'avoir réussi » ; le roi écrivit donc à Fanti de donner sa démission et annonça qu'en cas de désordre il avancerait des troupes sardes3. Tout démontrait la nécessité d'une autorité unique dans les quatre Etats.
On y avait pensé dès le début d'août, et quelques-uns parlaient dans le secret d'une régence confiée soit au prince Napoléon, soit au prince de Carignan, parent du roi de Sardaigne, régent du royaume pendant la guerre d'Italie. L'empereur, pressenti par l'intermédiaire du doctenr Conneau, s'était montré hostile à la candidature de son cousin ; sur celle de Carignan, il s'était contenté de « tordre la bouche4 ». En