‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 188 sur 347 · Gavour à Panizzi, 24 octobre · texte numérisé non relu

Gavour à Panizzi, 24 octobre

3. Le roi Victor-Emmanuel à l'empereur Napoléon, 29 octobre 1859. La demande adressée à Fanti indigna Cavour qui réclama instamment son retrait. (A. La Marmora, 30 octobre 1859.) D'ailleurs Fanti éluda l'invitation et ne donna point sa démission.

4. I'eruzzi à Ridolfi, 6 août 1859. Ghiala, Lettere di Cavour, III, préface, p. 237, note 1.

septembre, le projet avait été repris; Gavour, consulté, se disait favorable à la candidature du cousin de Victor-Emmenuel, et, le 8 octobre, La Tour d'Auvergne mandait à sjn ministre : « On assure que les duchés et la Romagne songant à offrir la régence au prince de Carignan. Le roi, encouragé

par Rattazzi, a écrit à (le mot est en blanc, il faul lire

« l'empereur ») pour demander conseil1. » Napoléon répondit d'abord qu' « il était impossible de songer à la régence du prince de Carignan » et « il faisait comprendre au ioi qu'il fallait renoncer à la politique d'annexion et exécuter sincèrement les préliminaires de Villafranca2 ». Néanmoins Dabormida fut chargé, lors de sa mission à Paris, de reprendre cette question ; il entretint donc l'empereur de la régence qui pourrait être remise au prince de Carignan, ou bien à Cavour, ou à d'Azeglio : « J'y penserai, répondit Napoléon, mais le choix de Cavour épouvanterait l'Europe3 ». La lettre autographe du 20 octobre n'y fit point allusion. De fait, l'empereur ne pouvait qu'être officiellement défavorable à une mesure qui « ferait croire aux populations que l'annexion doit s'accomplir, ou que tout au moins ces Etats sont destinés à former un seul État indépendant; ce serait provoquer des illusions et des espérances qui ne pourraient se réaliser' ».

Ici encore, les gouvernements des quatre États résolurent

1. Télégramme chiffré de La Tour d'Auvergne à Walewski, 8 octobre 1859, 2 h. 20 soir.

2. Télégramme chiffré de Walewski à La Tour d'Auvergne, 10 octobre 1859, 10 h 20 matin.

3. Peruzzi à Ricasoli, 17 octobre 1859. Lettere di Ricasoli, III. 411.; Bianchi, Storia docamentata, VIII, p. 223. Cpr. Bolléa, H principe di Carignano, dans la Rassegna del Risorgimento, VIII, p. 436.

4. Walewski à La Tour d'Auvergne. 19 octobre 1859. D'après cette lettre, « l'empereur a exposé à Dabormida l'impossibilité de ia régence du prince de Carignan ».

d'agir spontanément; ils y étaient secrètement mais fortement encouragés par le roi Victor-Emmanuel, dont l'influence dans cette crise fut décisive; ils réunirent donc les Assemblées constituantes et leur soumirent une motion « nommant S. A. le prince de Garignan régent de la Toscane (ou Parme, etc.) pour la gouverner au nom de Sa Majesté le Roi élu (il Re elelto)1 » ; les votes furent unanimes (7 novembre). Et, pour souligner la volonté d'unir les peuples, deux jours après, Farini, déjà dictateur de Parme et de Modène, prit encore la dictature des Légations. De quatre, ils n'étaient plus que deux, qui voulaient devenir un, sous la monarchie de Victor- Emmanuel. Peruzzi au nom de la Toscane, Minghetti des trois autres partirent pour porter cette motion à Turin, tout au moins en courriers d'avant-garde.

Le cabinet sarde était embarrassé, hésitant, divisé ; s'il croyait l'Angleterre disposée à admettre la régence, il savait la diplomatie française nettement hostile, et il craignait que l'empereur y fût opposé : mais jusqu'à quel point? Le président du Conseil et le ministre des Affaires étrangères, reprenant un procédé analogue à celui qu'ils avaient déjà employé pour rappeler de Parme leur délégué, et aussi pitoyable2, insinuèrent au ministre de France « qu'une note du Moniteur, qui déclarerait que la mission des gouvernements provisoires se borne uniquement au maintien de l'ordre et qu'il n'appartient qu'au Congrès de trancher les autres questions, produirait bon effet et viendrait en aide au gouvernement sarde s ». Mais Rattazzi, ministre de l'Intérieur, voulait une politique plus crâne, et il était évidemment d'accord avec le roi. La Marmora résolut donc de réunir un

1. Texte pour la Toscane dans Leltere di liicasoli, III, p. 509.

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