Nigra à Gavour, t\ novembre
270 CÀVOUR
avec sérénité son ministre des Affaires étrangères. Ricasoli était venu au début de décembre à Turin pour exposer ses scrupules au roi : il redoutait qu'en envoyant un régent autre qu'un prince de la maison de Savoie, on préparât un royaume de l'Italie centrale, alors que les populations voulaient exclusivement l'union au royaume de Sardaigne ; Victor-Emmanuel le rassura. Et Boncompagni put partir le 16 décembre pour la Toscane.
Gavour était satisfait et l'acceptation de son expédient semblait l'avoir rapproché du cabinet. « Si nos ministres facilitent la tâche du prince de Carignan, écrivait-il, ce fait seul effacera à mes yeux tous les torts qu'on peut leur reprocher jusqu'ici... Du jour où le prince sera à Florence du consentement de Dabormida, de Rattazzi et de La Marmora, je redeviendrai ministériel corps et âme : amen1. » Mais de nouveaux incidents ne tardèrent point à brouiller Camille avec les ministres, et définitivement.
Lors des préliminaires de Villafranca, il avait été entendu qu'un Congrès se réunirait pour régler la question italienne, et, dans la brève entrevue entre Napoléon et Cavour, celuici ayant fait « quelques observations sur le triste sort des pays abandonnés à leurs anciens souverains : Modène, la Toscane et les Romagnes », l'empereur lui avait assuré « qu'il plaiderait leur cause dans le Congrès européen ; qu'en attendant, ils n'avaient qu'à ne pas permettre aux vieilles dynasties de rentrer2 ». L'éventualité de cette réunion avait