‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 192 sur 347 · Vimercati à Castelli, 28 novembre 1859, de Paris · texte numérisé non relu

Vimercati à Castelli, 28 novembre 1859, de Paris

mandait au grand homme : « Le Congrès est impossible sans vous1 ». Le président du Conseil sarde et le ministre des Affaires étrangères savaient cette nomination inéluctable : Dabormida disait nettement que seul son prédécesseur pouvait devant l'Europe défendre l'Italie et la politique sarde 2, et il menaçait de sa démission si Cavour n'allait point à Paris 3. Dans le courant d'octobre, il l'avait pressenti ; il lui en reparla au lendemain de la paix de Zurich * et en entretint le ministre de France. Cavour devait avoir à Paris pour second, non Villamarina, appelé à d'autres fonctions, mais Des Ambrois, le représentant du Piémont aux négociations de Zurich.

Toutefois, de vives oppositions se produisaient à la désignation de Cavour.

Le roi avait conservé la plus pénible impression de la scène de Monzambano et il hésitait beaucoup à préparer le retour au pouvoir d'un homme qui l'avait si furieusement secoué5 : il n'y eut jamais grande sympathie entre les deux fondateurs de l'Italie moderne, et pour de nombreuses raisons. Peut-être Victor-Emmanuel était-il, sinon encouragé, du moins non découragé dans cette résistance par son ministre de l'Intérieur, en qui il avait toute confiance ; non que Rattazzi ne se déclarât ouvertement favorable à la candidature de Cavour, avec qui il s'en était entretenu avant même l'arrivée de la convocation officielle, mais tout un parti déclarait à grands

Page 1