Cavour à La Farina, 14 novembre
b. Massari, Vittorio-Emanuele, p. 305. Le roi protestait d'ailleurs qu'il n'avait aucune rancune contre Cavour. Au prince Napoléon, 26 décembre 1859.
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cris que Rattazzi était bien plus fort que Cavour, et Rattazzi n'était pas loin de partager cette opinion.
Ce parti, — les Rattazziniens, disait-on, — avait pour chef le bouillant Brofîerio, qui se démenait vigoureusement1 ; conseiller écouté de Rattazzi, bien accueilli de Garibaldi, ayant ses grandes et petites entrées à la cour, il déclarait à tout venant que Gavour était un ennemi du roi, et que le jour où l'ancien président reprendrait le pouvoir, le monarque abandonnerait le trône. Les journaux du parti faisaient à Gavour une guerre au couteau, et Camille, venu en octobre à Turin pour présider la commission de la loi électorale, étant tombé malade, des articles prétendus spirituels ridiculisèrent sa « podagra2 ». Bref, toute la pensée de Brofferio et de ses amis se résumait dans cette phrase lapidaire, prêtée au chef de l'extrême gauche : « Dans le mal, le diable est moins puissant que Gavour. » Camille pratiqua parfois l'oubli des injures; envers Brofferio, jamais.
Enfin une sourde résistance, d'une forme plus correcte celle-ci, se manifestait au quai d'Orsay. Le prince de La Tour d'Auvergne, en annonçant à son ministre la candidature de Cavour, avait très sagement indiqué « les avantages que présenterait le concours de cet homme d'État à l'œuvre de reconstitution de l'Italie », et les inconvénients qui pourraient résulter de son opposition à des transactions auxquelles il n'aurait point participé3. Mais le comte Walewski avait répondu par une dépêche où, après avoir couvert de fleurs l'ancien président sarde, il ajoutait : « Nous ne devons pas
1. Sur les relations de Gavour et Brofferio à cette époque, voiries deux articles de Ruffini dans la Nuova Antologia, des 16 octobre et l" novembre 1920.