‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 194 sur 347 · La Tour d'Auvergne à Walewski, 23 novembre · texte numérisé non relu

La Tour d'Auvergne à Walewski, 23 novembre

nous dissimuler que la présence de M. de Cavour dans le Congrès provoquerait des susceptibilités inévitables et deviendrait ainsi l'occasion de dissentiments peu conciliables avec le bon succès de l'œuvre de conciliation et de rapprochement vers laquelle doivent tendre les efforts des plénipotentiaires1 »,

Au dernier moment, Walewski s'accrocha à une proposition qu'il disait d'origine russe et d'après laquelle les ministres des Affaires étrangères des États participants devaient être de plein droit membres du Congrès : or, Cavour n'était pas ministre; donc... Mais Dabormida, pressenti, répondit avec une modestie touchante que « le choix de Cavour, dont la situation était à tous égards supérieure à celle des hommes au pouvoir, ne pourrait être considéré que comme une preuve de l'importance que la Sardaigne attribuait au Congrès2 ».

Et que pensait Napoléon ? le comte Walewski télégraphiait que lui-même exprimait la « manière de voir » du souverain, mais, dans l'état des relations de l'empereur et de son ministre, était-ce sûr? car Vimercati, qui avait rendu visite aux Tuileries, annonçait qu'il était chargé de dire au roi que l'empereur verrait avec plaisir le comte de Cavour au Congrès3. Mais ceci aussi était-il certain ? et Victor-Emmanuel écrivait à son gendre, avec son rude bon sens : « Je ne puis savoir bien positivement la manière de penser de l'empereur4 ».

Plus d'un mois s'écoula ainsi, sans décision ferme. L'opinion publique, qui se prononçait décidément pour Cavour, en Piémont comme dans les quatre États du centre, s'étonnait de ces tergiversations, et s'énervait. Quant à Cavour, il ne

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