La Tour d'Auvergne à Walewski, 18 décembre
4. Le roi Victor-Emmanuel au prince Napoléon, 26 décembre 1859.
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dérageait pas : on avait beau lui envoyer de temps en temps le souple Nigra pour lui faire prendre patience, il répliquait qu'il était bien à Léri et s'amusait avec ses cultivateurs 1 ; ironie qui ne trompait personne, d'autant plus que dans d'autres lettres, que l'histoire a conservées, il traitait tous les ministres « d'ignobles valets2 »; il en devenait injuste, critiquant avec amertume ses vieux amis, La Marmora et Dabormida, qui n'en pouvaient mais.
Il fallait en finir ; on attendit encore quatre jours, par déférence pour l'empereur qui avait télégraphié au roi en le priant de retarder un peu la nomination3 ; enfin, le 22 décembre, Dabormida écrivait à l'ancien président que le roi désirant le nommer son premier plénipotentiaire au Congrès, voulait conférer avec lui. L'entrevue eut lieu le lendemain; l'accueil du roi fut « très bon », et « l'abouchement satisfaisant de part et d'autre4 ».
La nomination était dès lors officielle et Gavour recevait des félicitations de toutes les parties de l'Italie, voire de France ; il faisait ses préparatifs diplomatiques, rendant visite au prince de La Tour d'Auvergne, mais, quand celui-ci voulut le sonder sur ses intentions, il se déroba, « n'étant pas désireux de s'engager sur le terrain de la politique5 » ; il entendait d'ailleurs réserver sa liberté d'action dans le royaume et faisait sonner bien haut que « son acceptation de la mission à Paris n'impliquait nullement une acceptation de la politique