‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 196 sur 347 · Cavour à Castelli, 8 décembre · texte numérisé non relu

Cavour à Castelli, 8 décembre

2. Gavour à Castelli, 17 décembre; à Boncompagni, 25 décembre 1859.

3. La Marmora à Cavour, 18 décembre 1859. Des Ambrois, le nouveau ministre de Sardaigne en France, qui avait son audience d'arrivée le même jour, ne put traiter « la question Cavour », n'ayant vu l'empereur qu'en public.

4. Castelli à Farini, sans date, vraisemblablement du 25 décembre 1859.

5. Le prince de La Tour d'Auvergne au comte Walewski, 29 décembre 1859.

intérieure ' ». Il eût voulu que Massimo d'Azeglio représentât au Congrès les États de l'Italie centrale 2 et déjà on annonçait le départ de Camille pour le 12 janvier. « Vous me trouverez à l'hôtel de Bristol, écrivait-il à son cousin William de La Rive. J'ai pris l'appartement qu'occupait le comte Buol en 1856, toujours dans le but d'envahir le territoire autrichien ».

Brusquement, tout se retourna.

De toutes ses réticences, ses déclarations ambiguës et même ses silences, il apparaissait nettement que l'empereur ne s'était point engagé à fond et n'avait point prononcé sa parole définitive. Au lendemain de Villafranca, il avait d'abord voulu appliquer toutes les stipulations des préliminaires, et spécialement rétablir les souverains dans les quatre États et provinces révoltés, parce qu'il croyait que seuls ils pouvaient y rétablir l'ordre et tenait pour désirable la Confédération italienne prophétisée par Gioberti et Balbo3 : or, depuis plus de six mois, les princes étaient expulsés, les peuples se gouvernaient eux-mêmes dans une tranquillité et avec une unanimité presque absolues, et à la place de la Confédération, ils voulaient l'unité. Par celte conduite, l'Italie avait répondu de la manière la plus heureuse à l'interrogation que l'empereur avait posée en la quittant : « Nous allons voir ce qu'elle fera par elle-même. » Elle avait « fait », et vite, et bien. Par suite, et contrairement à l'avis des conseillers officiels, Napoléon avait successivement cédé pour Parme, sur

i, Cavour à Vigliani, 30 décembre 1859. L'extrême gauche ne désarmait pas non plus à son égard, et Garibaldi tonnait contre la diplomatie de « Cavour, Dabormida et La Marmora ». A G. Medici, 5 janvier 1860.

2. Cavour à Boncompagni, 30 décembre; M. d'Azeglio à E. Rendu, 25 décembre 1859.

3. M. Mazziotti, Il piu gran benefaltore dell'Italia, Napoleone III, dans la Nuova Antologia, l6r mai 1924.

278 CAYOUR

l'accueil des délégués de l'Italie centrale à Turin, sur la pseudo-régence de Boncompagni, sur la nomination de Cavour au Congrès; mais le tout, non sans penser à son propre pays : car si la paix brusquée, imparfaite, de Yillafranca, devenait glorieuse et profitable à la Sardaigne, si celle-ci constituait « le royaume de la Haute-Italie de onze millions d'habitants environ », prévu par l'article 2 du traité des 26-28 janvier 1859, il n'était plus aucune raison pour laisser en lettre morte l'article 3 sur la cession de la Savoie et de Nice1. Mais, pour cela, il fallait se rapprocher de la Sardaigne, lui abandonner l'Italie centrale, rompre avec l'action prudente du comte Walewski, et adopter une politique aussi nouvelle que décidée. Cette évolution de l'empereur se fit lentement, — il la manifesta d'un coup, de même que par le « compliment du jour de l'an » ou la publication de la brochure Napoléon III et l'Italie.

Le 22 décembre au matin, le Constitutionnel, organe des indiscrétions napoléoniennes, annonça la publication d'une brochure sur le Pape et le Congrès, digne d'attirer l'attention du public sur une question du plus haut intérêt; l'après-midi, l'opuscule était en vente sur les boulevards. Nul ne s'y méprit, c'était une nouvelle émanation de la pensée du souverain; celui-ci ne dissimula d'ailleurs pas que, sans l'avoir écrite, « il en approuvait toutes les idées »; un exemplaire en fut envoyé à la légation sarde sous cachet de la maison impériale2, et le prince Napoléon la distribuait à pleines mains, en déclarant « qu'elle indiquait le programme de la politique romaine3 ». Or, elle annonçait une transformation complète delà conduite adoptée jusqu'alors par la diplomatie

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