‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 198 sur 347 · Cavour au prince Napoléon, 26 janvier · texte numérisé non relu

Cavour au prince Napoléon, 26 janvier

ministre des Affaires étrangères; tenu à l'écart des négociations de Plombières, discrètement hostile à l'intervention en Italie, résistant à toutes les conséquences de Villafranca, le ministre était ici nettement désavoué, et, lorsque dans une lettre au pape, le 31 décembre, Napoléon eut repris le thème de la brochure, le comte Walewski ne put que se retirer : le 4 janvier 1860, était appelé au quai d'Orsay M. Thouvenel, qu'on disait favorable à l'Italie; depuis un mois, le prince de La Tour d'Auvergne avait été nommé à Berlin et remplacé par le baron de Talleyrand; les négociations passaient à des hommes libres de tous engagements en Italie.

Du même coup, le Congrès avorta : comment, en effet, y convoquer la papauté, condamnée à l'avance, et l'Autriche, signataire des préliminaires de Villafranca, si lestement reniés? Déjà l'on racontait que « l'empereur entendait se mettre d'accord avec l'Angleterre pour arranger sans Congrès les affaires d'Italie ».

Dans la tempête enfin, le ministère piémontais sombra : il avait failli se disloquer en novembre, lors des incidents sur la régence de l'Italie centrale et la lettre altière du comte Walewski ' ; depuis lors, il traînait une vie misérable, divisé en lui-même, vivement critiqué par Cavour qui rendait à Rattazzi les coups que lui avaient portés Garibaldi et les Rattazziniens2. Le grand homme était fatigué de son long repos, quoiqu'il prétendît vivre dans l'abstention3; il s'irritait et traitait le& ministres avec une vivacité et

i. Le prince de La Tour d'Auvergne au comte Walewski, 17 novembre.

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