‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 205 sur 347 · Dabormida à La Marmora, 16 octobre 18o · texte numérisé non relu

Dabormida à La Marmora, 16 octobre 18o

au début de janvier, Des Ambrois considérait comme « très probable » que, devant « la formation d'un État puissant dans le nord de l'Italie touchant aux frontières de la France », l'empereur poserait la condition de « la cession de la Savoie et Nice1 ».

A ce moment, tout le personnel politique est changé dans les deux pays : Thouvenel remplace Walewski ; Cavour, La Marmora ; le prince de La Tour d'Auvergne, partant pour Berlin, laisse la légation de Turin au baron de Talleyrand ; et le nouveau président sarde trouvant son représentant à Paris, Des Ambrois, trop « taciturne et réservé2 », dans une situation qui exige de l'entregent et de l'audace, va le remplacer par Constantin Nigra, « qui a toujours réussi et réussira encore3 », — et puis qui lui doit tout et servira sa politique avec autant de dévouement que de subtilité. Le comte Arese, le vieil et précieux ami de Napoléon, ira passer quelques jours à Paris pour exercer « son influence personnelle auprès de l'empereur avec un tact exquis * » .

Avec ces hommes nouveaux, les questions seront résolues en quelques semaines. Il est temps, car la presse s'émeut dans les deux pays% les fonctionnaires s'énervent en Savoie, ne sachant quel sera leur maître le lendemain, des manifestations s'esquissent6, et le cabinet de Londres s'inquiète d'un dessein qui l'excitera outre mesure et dont la réalisation le mettra hors de lui7.

i. Des Ambrois à Dabormida. 7 janvier 1860.

Page 1