Pasolini, Mernorie, p
2. Elle est au Livre jaune. Documents parlementaires, 1860, p. 17 et suiv.
302 GAVOUR
« l'acquisition de la Savoie et du comté de Nice par la France demeurerait une nécessité absolue... Le moment viendra donc bientôt, y ajoutait- on, où M. de Cavour devra vous déclarer dans une note officieuse et avec l'autorisation du roi Victor- Emmanuel que Sa Majesté sarde et son gouvernement considèrent les arrangements secrets du 16 décembre 1858 ' comme toujours valables en ce qui concerne l'article 3. Dans le cas où il ne jugerait pas possible de donner à cette disposition du traité une interprétation que je crois cependant pour ma part tout à fait conforme à son esprit, il y aurait lieu de procéder à la signature d'un nouvel instrument destiné à rester perpétuellement secret entre les cours des Tuileries et de Turin. » On réservait, d'ailleurs, « une manifestation des vœux des populations ». Le baron de Talleyrand devait préparer Cavour à cette négociation, — et le président sarde n'était point sans s'y attendre. La troisième dépêche mettait notre ministre à Turin au courant des conversations anglofrançaises, ajoutant que lord John Russell invitait son représentant en Piémont, sir James Hudson, « à s'abstenir de toute suggestion de nature à exercer une influence quelconque » sur la réponse du gouvernement sarde. La quatrième protestait contre les menées secrètes de la couronne sarde à Rome :, et la cinquième, enfin, se rapportait à un incident de frontière sur la rive droite du Pô.
Cavour connaissait.par avance l'esprit général de ces communications et il y avait d'ores et déjà répondu dans sa correspondance personnelle avec Arese et Nigra. Il ne fut donc point étonné lorsqu'à son retour de Lombardie, M. de Talleyrand entra dans son cabinet avec quelque solennité, le
1. Traité des 26-28 janvier 1839. article relatif a Nice la Savoie. Supra, t. III, p..l37.