‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 212 sur 347 · Manzoni à Cavour. Chiala, Lettew, t. IV, préf., p · texte numérisé non relu

Manzoni à Cavour. Chiala, Lettew, t. IV, préf., p

4. « Nous sommes décidés à procéder aux élections, écrivait Cavour à Villamarina, le 3 mars; l'empereur Napoléon finira par être satisfait d'un événement qui lui permettra de sortir une fois pour toutes des embarras du pacte de Villafranca. »

5. Cavour à Ricasoli. 29 février. Réponse officielle de Ricasoli, 3 mars 1860. Lettere di Ricasoli, IV, p. 364, 381 et suiv.

DES ALPES A L'ADRIATIQUE 30a

Les dés d'airain étaient jetés. M. Thouvenel devina sans peine l'entente du cabinet de Turin avec les gouvernements d'Emilie et de Toscane : « On m'écrit de Florence, mandaitil à Talleyrand, que l'on y fera tout ce que voudra M. de Gavour, et c'est la vérité. » Lui-même multipliait les télégrammes de protestations ; gravement, le ministre de France les portait à Cavour, qui répondait : « C'est le temps qui nous manque, c'est le temps. Trois fois hier M. Farini m'a télégraphié : « Je ne puis contenir M. Ricasoli, il me faudra suivre son exemple! » Trois fois, j'ai répondu qu'il attendît au moins l'arrivée de M. Massari. .. — Du moins, répliquait le diplomate français, mandez par télégramme à M. Farini de ne rien publier avant quarante-huit heures. D'ici là, nous pourrons consulter l'empereur. » Le malin Sarde se faisait apporter le recueil des dépêches, consultait le dernier télégramme de Farini, et répondait : « Décidément, il est trop tard1. » La scène est tout à fait jolie.

Cependant le Parlement français était rentré le 1er mars et dans son discours du trône, parlant des affaires d'Italie, l'empereur avait déclaré : « Les difficultés, je l'espère, touchent à leur terme », ajoutant qu'il avait « conseillé au roi Victor-Emmanuel de répondre favorablement aux vœux des populations qui s'offraient à lui, mais de maintenir l'autonomie de la Toscane et de respecter en principe les droits du Saint- Siège » . On verra qu'il avait aussi posé la question de Nice et de la Savoie. Cette politique était logique, attachée aux « vœux des populations », d'un côté comme de l'autre des Alpes. Si ces paroles déchaînaient l'orage à \Yestminsterhouse, à cause des cessions occidentales2, elles soulevaient

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