Talleyrand à Thouvenel, 3 mars
2. Interpellation sir Robert Peel et autres à la Chambre des Communes, ± mars.
Cavour. — m. 20
une joyeuse émotion en Italie, à cause des annexions orientales, et M. de Talleyrand, dont elles ne simplifiaient point la tâche, ne dissimulait pas à son ministre qu'elles étaient comprises comme « un encouragement à persévérer dans la voie de l'annexion (de la Toscane) : la presse, ajoutait-il, les salons, l'armée, le public ont été unanimes. Ici, à Milan, à Gênes, il n'y a qu'une voix1. »
Cavour était rassuré, il avait vu le comte Arese, revenu de Paris le 4 mars, et de ce qu'il avait appris, il avait inféré que a l'empereur commençait à se calmer ». D'ailleurs, le 4 mars, Napoléon avait télégraphié au roi : « La grosse difficulté est de faire accepter par l'Europe la prise de possession des Romagnes... Ce n'est qu'en désapprouvant l'annexion de la Toscane que je puis expliquer vis-à-vis de l'Europe l'appui que je vous donne2. » Et connaissant l'homme, Cavour tirait du télégramme cette conclusion optimiste autant qu'exacte : « Il désapprouve l'annexion, mais il ne parle pas de l'empêcher3 ».
Pour gagner du temps avant le plébiscite en Italie centrale, et pendant que se pressaient les négociations relatives à la Savoie, Cavour multipliait les promesses de modération : on employerait envers le pape toutes les formes de respect ; on laisserait pleine liberté aux électeurs ; s'ils se prononçaient pour la monarchie séparée, ou même s'il n'y avait qu'une faible majorité, le roi refuserait l'annexion. Mais quand Talleyrand « le mettait au pied du mur », le président du Conseil sarde déclarait nettement : « S'il y a quasi unanimité des suffrages, ou une très imposante majorité, nous ne pourrons que nous rendre aux vœux de la Toscane1. » Alors le pauvre