‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 214 sur 347 · Talleyrand à Thouvenel, 3, 8 mars · texte numérisé non relu

Talleyrand à Thouvenel, 3, 8 mars

diplomate, qui pressentait les résultats du scrutin, demandait qu'on renvoyât Arese à Paris, « pour subir le premier éclat de colère que l'annexion fera éclater1 ».

Quelque certain qu'il fût du plébiscite, Cavour « attendait avec anxiété le résultat du scrutin- ». Son angoisse fut de courte durée, mais pour comprendre l'activité prodigieuse de cet homme, il faut ajouter, dès maintenant, que le jour même où le scrutin était clos, il signait la convention secrète relative à Nice et à la Savoie. Le lendemain, les premiers résultats étaient connus, que d'autres confirmaient. C'était un splendide succès : en Emilie (Parme, Modène et les Légations), 426.000 voix se prononçaient pour l'annexion à la monarchie de Sardaigne, contre 7o6 favorables au royaume séparé; en Toscane, 366. 571 contre 14.925. Cavour exultait. « Le résultat merveilleux du vote de l'Italie centrale, écrivaitil, rend l'annexion de ces contrées non seulement possible mais facile. L'Europe ne pourra se refuser à reconnaître un fait qui vient de recevoir une sanction sans précédents dans l'histoire3. »

Qui donc se fût opposé désormais à l' « incorporation » ? Point l'Angleterre, qui y avait poussé. Pas davantage la France, qui négociait avec le royaume sarde la séparation des provinces transalpines au nom du principe même qui avait amené l'union des provinces de l'Italie centrale avec le Piémont ; dès le 16 mars, Thouvenel écrivait à son représentant à Turin une lettre très souple, très habile, protestant que le gouvernement français n'avait jamais eu en vue que le bien de l'Italie, mais qu'en somme celle-ci avait été maîtresse d'agir en toute indépendance : bref, la reconnaissance du fait

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