‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 216 sur 347 · Cavour à Villamarina (Naples), 27 mars · texte numérisé non relu

Cavour à Villamarina (Naples), 27 mars

question... La seule réserve qu'il me faudra faire est celle du consentement des populations '... » Dans une dépêche adressée le 3 mars à Migra, Cavour renouvelait ces déclarations. Les deux gouvernements étaient donc d'accord, mais deux oppositions se levèrent, qu'on ne peut ici qu'indiquer sommairement.

Ayant eu vent de la transformation prochaine de la Savoie, la Suisse s'était émue. L'article 92 de l'acte général de Vienne avait assuré la neutralité du Chablais et du Faucigny, districts savoisiens ; des conventions étaient intervenues, assurant la franchise douanière de cette zone, et la Confédération prétendait à des droits très anciens et plus étendus". Au nom du gouvernement fédéral, M. Abraham Tourte, « nature élevée, droite, pleine de franchise et d'enthousiasme, très sympathique3 », avait exposé à Cavour qu'il serait conforme au droit et à l'intérêt des deux districts qu'ils fussent séparés de la Savoie et annexés à la Suisse. Il semble certain que l'empereur acceptait cette solution. Mais des protestations très vives s'élevèrent de toute la province qui voulait entrer entière dans l'unité française, et le « vœu populaire » était si net et fort qu'il devenait impossible d'y contredire. Restait la question de la neutralité locale. Question délicate, qu'il fallait traiter avec prudence.

L'autre opposition vint de l'Angleterre. Elle n'avait pris aucune part à la guerre d'Italie, mais il ne lui déplaisait pas de voir, sur le flanc de la France, se constituer un puissant Etat qui serait peut-être un jour, en cas de difficultés euro-

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