‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 219 sur 347 · Tallevrand à Thouvenel, 6 mars · texte numérisé non relu

Tallevrand à Thouvenel, 6 mars

Avisé de ces désirs par Migra, M. Thouvenel abandonna sa note rappelant le traité secret daté des 12-16 décembre 1858, et envoya au baron de Talleyrand un projet de traité qui « lui paraissait de nature à sauvegarder tous les intérêts » ; il demandait donc à son représentant en Sardaigne de le communiquer au président du Conseil. « La manière la plus simple, ajoutait-il, serait la transmission des deux exemplaires revêtus de la signature du roi Victor-Emmanuel et du contreseing de M. le comte de Cavour. L'exemplaire destiné à la Sardaigne serait immédiatement renvoyé à Turin avec la signature de l'empereur et mon contreseing1. » Telle fut la procédure adoptée, renouvellement d'ailleurs de celle suivie en janvier 1859, et dans ses grandes lignes le projet de M. Thouvenel devint définitif. Mais plusieurs jours se passèrent avant que fussent données les signatures : dès le 9 mars, Cavour avait « accepté le traité sauf quelques modifications de rédaction peu importantes2»; des télégrammes chiffrés furent échangés et en même temps, dans sa correspondance, Cavour faisait fortement, > — et justement, — remarquer que rien ne serait définitif sans un vote des Chambres. « Un traité portant modification du territoire, écrivait-il, n'est valable qu'autant qu'il a reçu la sanction du Parlement. Aussi en contresignant un traité secret qui porte la cession de deux provinces, je commets un acte hautement inconstitutionnel qui pourrait avoir pour moi les plus graves conséquences. Malgré cette conviction, je n'ai pas hésité à conseiller au roi de mettre sa signature au traité dont j'assume la responsabilité. Mais je n'entends pas, pour cela, déchirer le Statut et me passer du Parlement. L'empereur et M. Thouvenel ne

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