Thouvenel à Talleyrand, 6 mars
2. Talleyrand à Thouvenel, 9 mars 1860, télégramme, 3 heures soir.
peuvent se faire aucune illusion à cet égard. » Ce n'était donc ici qu'un acte préparatoire, que remplacerait ensuite un traité en forme diplomatique, lui-même soumis au Parlement, dont d'ailleurs Cavour garantissait l'adhésion1.
Le 11 mars, enfin, le projet était arrêté et parafé; le roi le signa le lendemain avec le contreseing de Cavour, et un courrier sarde le porta de suite à Paris où, deux jours après, Napoléon et Thouvenel y apposaient leurs signatures ; il porte' la date à Turin du 12, Paris du 14 mars 1860 2. C'est le germe du traité officiel signé quelques jours après : le préambule est identique, sauf un membre de phrase sur le caractère provisoirement secret de la convention ; les articles sont légèrement modifiés et on en a ajouté quatre nouveaux.
Il apparut très rapidement que, comme l'avait déclaré Cavour, cette pièce secrète était insuffisante et qu'il était indispensable de passer à bref délai un acte public : c'était une nécessité en France, en Piémont, dans les deux provinces, à l'égard des puissances étrangères.
En France, l'opinion publique était fort émue de la transformation opérée en Italie par les votes d'annexion, et le gouvernement tenait pour indispensable de révéler un acte compensatoire dont chacun parlait sans le connaître officiellement3. En Piémont, sans doute le cabinet eût désiré conserver le secret jusqu'aux élections1, mais le mystère était plus qu'à demi dévoilé, les polémiques étaient engagées, la révélation avait du moins l'avantage de « l'impératif catégorique », « Vous ne