Talleyrand à Thouvenel, 22 mars
3. Benedetti à Thouvenel, 23 mars 1860, télégramme 2 heures soir.
4. Farini n'était arrivé que le 20 à Turin : tout s'enchevêtre, formation de l'Italie nouvelle, cession de Nice et de la Savoie.
Nice »* ? C'est peu probable, car les traités secrets datés des 12-16 décembre 1858 et des 12-14 mars 1860 étaient trop formels pour qu'il pût espérer réussir; d'ailleurs il ne parlait, on l'a vu, dans sa correspondance intime, que d' « obtenir pour Nice la plus grande somme d'avantages possible ». Sir James Hudson, ministre d'Angleterre, a écrit à son département que Gavour ne céda que sur la menace faite par Benedetti au nom de l'empereur d'envoyer ses troupes cantonnées en Lombardie occuper Bologne et Florence2; rien dans les documents sardes ou français ne justifie ce très grave propos, et l'on doit se souvenir que le diplomate anglais était dans un rare état de surexcitation née de sa déception. En fait, tout fut plus simple.
Les plénipotentiaires se bornèrent à prendre pour cadre le traité secret des 12-14 mars, et y introduire quelques modifications, d'ailleurs intéressantes, et à y ajouter quatre articles dont trois étaient d'application, et un, le septième, fort important, exigeait la ratification des Chambres sardes.
En outre, Benedetti était chargé d'une double mission : prévenir le gouvernement sarde que les troupes françaises d'occupation devaient revenirà bref délai : le cabinet de Turin ne pouvait que s'incliner ; — s'opposer aux élections législatives en Savoie, fixées au 23 mars comme dans tout le royaume : ici Cavourfut inébranlable, et à juste titre. En vain Thouvene) envoyait-il des télégrammes insistant sur l'impossibilité de ces élections dans les deux provinces, « tous les hommes importants de la Savoie étant à Paris », de grands scandales devant éclater à Chambéry et à Annecy. En vain Bixio, qui avait une forte influence sur son ami de longue date, venait-