Zanichelli, Cavour, p
il à l'appui du ministre français en conseillant ce que luimême appelait « une énormité »*. Cavour répondit qu'il ne craignait ni scandale en Savoie ni difficultés au Parlement2 : les électeurs étaient convoqués en vertu du Statut, lui-même avait prêté serment à cet acte solennel, il refusait net de contremander les élections en violation de la Constitution : il tint bon, l'emporta... et il n'y eut de scandale ni en Savoie ni à Niée3.
Le 24, enfin, le texte du traité était arrêté, les dernières modifications approuvées par télégrammes de Thouvenel, et, vers cinq heures du soir, tout était signé1. «S. M. l'Empereur des Français, était-il écrit dans le préambule du traité, a}rant exposé les considérations qui, par suite des changements survenus dans les rapports territoriaux entre la France et la Sardaigne, lui faisaient désirer la réunion de la Savoie et de l'arrondissement de Nice à la France, et S. M. le Roi de Sardaigne s'étant montré disposé à y acquiescer, leurs dites Majestés ont décidé de conclure un traité à cet effet, et ont nommé pour leurs plénipotentiaires... » Suivaient les huit articles du traité : le roi renonce en faveur de l'empereur à ses droits sur Nice et la Savoie, cette réunion étant effectuée sans nulle contrainte de la volonté des populations et les deux souverains devant se concerter le plus tôt possible sur les meilleurs moyens de constater les manifestations de ces volontés (on ne précisait pas le mode de votation, mais il était entendu que le suffrage serait universel). Le roi de Sar-