‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 226 sur 347 · Comte d'Ideville, loc. cil., p · texte numérisé non relu

Comte d'Ideville, loc. cil., p

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tait de ne gêner en rien le Piémont dans ses efforts pour s'assimiler les provinces annexées1;). L'attente du directeur des affaires politiques ne fut pas longue : le 30 mars, les plénipotentiaires échangeaient les signatures de ratification, et M. Benedetti prenait le chemin du retour.

Il manquait à cet acte, pour le rendre définitif, deux mesures essentielles : l'approbation des habitants, la ratification du Parlement sarde. Dans une très noble proclamation à ses sujets d'au delà des Alpes, le roi avait exposé les raisons quil'amenaient à consentir cet abandon de ses antiques domaines et il ajoutait : « Toutefois, ce grand changement dans le sort de ces provinces ne saurait vous être imposé ; il doit être le résultat de votre libre consentement ». Le vote fut fixé au 15 avril pour Nice, au 22 pour la Savoie, et dans chaque province deux commissaires, l'un sarde, l'autre français, étaient chargés des mesures administratives, préliminaires du plébiscite. Toute période transitoire est riche en conflits et difficultés; pendant ces quelques jours, Cavour s'énerva sur maintes questions : la fixation de la frontière, le départ des troupes françaises, l'attitude des délégués français; il convient d'ajouter que le Parlement venait de rentrer, source de nouvelles complications, et que le cabinet était toujours à la veille de se disloquer sur l'opposition du général Fanti au tracé proposé par l'état-major français. La mauvaise humeur de Camille était donc naturelle, encore qu'il exagérât en écrivant : « Une fois le traité passé, je quitterai définitivement les affaires, le cœur plein de dégoût pour l'alliance française2. » — Le traité passé, il resta au pouvoir, pour le grand bien de sa patrie.

Les votes des 15 et 22 avril furent conformes aux prévi-

i. Thouvenel à Talleyrand, 26 mars 1860. 2. Cavour à Nigra, 4 avril 1860.

sions de Cavour et à la pensée intime des Savoisiens et Niçois. La question soumise aux électeurs par le moyen du suffrage universel était la suivante : « La Savoie (ou l'arrondissement de Nice) veut-elle être réunie à la France? ». Dans l'arrondissement de Nice l'annexion était approuvée à la majorité de 25.743 oui contre 260 non; en Savoie par 130.533 contre 235 : dans tous deux, c'était presque l'unanimité.

De leur libre volonté, les habitants de l'Emilie et de la Toscane s'étaient incorporés à la monarchie de la Sardaigne. De leur volonté librement exprimée, les citoyens de la Savoie et de Nice entraient dans la France une et indivisible.

Annexion de l'Italie centrale, cession de Nice et de la Savoie, enfin élections au nouveau Parlement italien : tel fut le bilan de ce mois de mars, lourdement chargé. Dès son arrivée au pouvoir, le 22 janvier, Cavour avait provoqué du roi la dissolution de la Chambre, et un décret du 29 février fixa au 26 mars les élections législatives. Le renouvellement des députés était dans son programme, même avant qu'il fût ministre; la mesure devenait indispensable en raison des grands événements en préparation et auxquels il voulait associer le corps électoral tout entier : il y voyait un droit pour le pays, il y trouvait pour lui-même une force et une garantie '.

Déjà, à la fin de janvier, les élections municipales avaient donné dans tout le royaume un résultat très favorable au parti modéré; sauf à Milan, les candidats du parti avancé n'avaient eu que de minces succès. Mais les élections pour la

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