Mazade, Le comte de Cavour, p
Cwour. — m. 21
Chambre présentaient un autre caractère et une autre importance : aussi, dès le mois de février, la lutte fut-elle ardente. Les adversaires de Cavour ne pouvaient méconnaître les incontestables résultats de sa politique, mais ils en discutaient les conséquences et les modalités. Les deux grands ennemis du président du Conseil, l'un de longtemps et par divergence de principes, Brofferio1, l'autre plus récent et par rivalité de personnes, Rattazzi, passaient tous les actes ministériels à une critique acérée. En mars, l'annexion de TÉmilie et de la Toscane accrut considérablement le corps électoral, puisqu'on fixa dans ces nouvelles provinces les élections presque à la même date et suivant le même mode que dans tout le royaume : ici, les adversaires ne trouvaient place au moindre reproche. Mais la cession de Nice et de la Savoie, malgré la réserve du vœu des populations, malgré la ténacité de Cavour à y maintenir les proches élections, fournissait à ses ennemis politiques une solide plate-forme où ils s'abattirent les uns avec véhémence, les autres avec une perfide habileté.
Le résultat des 2o-27 mars parut superbe : les candidats extrémistes mordaient la poussière, les cléricaux étaient si diminués qu'ils n'existaient plus comme parti politique2, les démocrates d'extrême gauche n'avaient guère mieux réussi, le terrible Brofferio était battu dans les deux collèges où il s'était présenté ; Garibaldi était élu à Nice, les radicaux se maintenaient, avec Rattazzi, leur chef, et une quarantaine de leurs candidats ; le parti libéral l'emportait presque partout ; Cavour passait dans huit circonscriptions, Turin, Gênes,
1. Ruffini, I. L'antipalie del Brofferio e del Guerrazzi per il conte di Cavour. II. Il Brofferio ecl il Guerrazzi ail Opposizione conlro il conte di Cavour. \U. La rottura del Brofferio e del Guerrazzi conil conte di Cavour, dans la Nuova Antologia des 1er, 16 octobre et l8r novembre 1920.