Bolton-King, Histoire de l'Unité italienne, II, p
Bologne, Florence, Milan, Intra, Brescia, Verceil : ainsi Piémont, Emilie, Toscane, Lombardie, tous l'avaient choisi ; il était vraiment l'élu du royaume. Il exultait de sa victoire : « Le parti libéral, écrivait-il, aura la presque unanimité1 ». A l'épreuve, la Chambre fut moins homogène.
Le 2 avril, lorsque Victor-Emmanuel se présenta à la séance solennelle, il fut accueilli par une immense acclamation et qui était de justice : le serment au Statut que prêtèrent les députés, était un splendide emblème, car le roi avait vaincu, fait un État nouveau, préparé l'unité italienne par sa fidélité au Statut des libertés. Dans son discours du trône, rendant hommage à son « magnanime allié », parlant avec mélancolie du sacrifice, « celui qui coûtait le plus à mon cœur » , il disait avec une légitime fierté : « En un temps très court une invasion repoussée, la Lombardie délivrée par l'action glorieuse des armées, l'Italie centrale libérée par la force merveilleuse des peuples, et aujourd'hui je trouve réunis autour de moi les représentants du droit et des espérances de la nation » .
Les incidents commencèrent dès les premières séances ; avant même que le bureau fût constitué, Garibaldi voulait interpeller sur la cession de Nice, et il n'était pas facile de contenir cette « force de la nature ». Il avait été convenu dans le parti libéral que Lanza prendrait la présidence de la Chambre et Ton croyait que le représentant de la gauche, Rattazzi, n'aurait qu'une quarantaine de voix : or, Lanza ne fut élu qu'au second tour et à la majorité relative2, et Rattazzi réunit 68 suffrages. Cavour en conçut quelque inquiétude pour l'avenir. « Il ne faut pas, écrivit-il, se faire illusion sur