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Cavour à Nigra, 28 avril 1SG

satisfaction au général Fanti1; s'il était battu, le premier ministre envisageait pour le remplacer une combinaison Ricasoli (Affaires étrangères) — Minghetti (Intérieur) — Cialdini (Guerre)2; il n'en faut retenir que ceci : Cavour désignait déjà le président qui lui succéda à sa mort, Ricasoli.

La Chambre des députés discutait la proposition de loi sur la médaille commémorative de la campagne libératrice, approuvait les stipulations de Zurich, entendait des interpellations sur l'application du Code pénal en Lombardie. .., et les débats sur la cession de Nice et de la Savoie étaient encore retardés. L'empereur des Français s'en étonnait et s'en irritait, Cavour s'en excusait sur la nécessité d'organiser une Chambre nouvelle et inexpérimentée, sur les travaux de la commission spéciale, sur les fêtes du Statut, et il ajoutait : « J'ai hâte d'en finir... l'attente de la discussion me met dans l'anxiété fébrile de celui qui doit subir un jour ou l'autre une opération de chirurgie et qui finit par la désirer pour ne plus avoir à y penser3 ».

Tout arrive à son heure : la commission de la Chambre se prononça unanimement en faveur du traité, et choisit pour rapporteur un ami personnel de Cavour, le marquis de Rora ; dès lors, l'opposition s'annonça «moins violente, moins tracassière qu'elle ne le paraissait trois semaines auparavant ». Les événements de Sicile, l'audacieuse expédition de Garibaldi détournaient l'attention : chacun sentait que la bienveillante inaction de l'empereur était de nouveau nécessaire, et qu'il la fallait mériter. Cavour en tirait bon augure.

Le 25 mai, enfin, le débat s'engagea à la Chambre sur la

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