Le baron de Talleyrand à M. Thouvenel, 23 juillet
monarchique, à l'influence républicaine de Mazzini et de ses lieutenants.
La déclaration de la guerre en 1859 n'eut point de répercussion immédiate dans le midi; Cavour avait proposé dès le 18 avril au gouvernement napolitain de «rendre plus intimes et plus amicales les relations entre les deux cours », à quoi le cabinet de Naples avait répondu le 4 mai par une déclaration de neutralité pure et simple. Derechef et la guerre déclarée, Cavour avait parlé d'une alliance défensive ; il avait essuyé un nouvel échec, dont il entendit bien tirer parti quelque jour, et son envoyé lui mandait qu' « il n'y avait rien à espérer de Naples pour la cause italienne1 ». Ace moment Ferdinand, — le roi Bomba, — était mort d'une horrible gangrène, et son fils, François, recevait la plus triste succession : mal préparé à cette lourde tâche, mal conseillé dans sa famille, mal entouré, le jeune monarque ne sut pas écouter les sages avis de la Russie, de l'Angleterre et de la France, ni réagir contre la détestable politique de son père qui le menait à sa perte; il ne put que tomber en roi.
Les succès éclatants du Piémont avaient déterminé dans le royaume méridional, en Sicile spécialement, une sourde agitation, et les mazziniens se demandaient s'ils ne pourraient pas en profiler pour susciter une nouvelle et plus heureuse insurrection. Francesco Crispi, alors républicain et disciple de Mazzini, se rendit à deux reprises dans l'île, dont il était originaire, pour «juger de la situation » et en rendre compte à son maître. A Naples, un singulier personnage s'agitait beaucoup, qui semble tiré de la Commedia delïArte, Liborio Romano, mélange de basochien et de brigand 2, alors acquis