‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 237 sur 347 · Cavour a Villamarina, 13 mars · texte numérisé non relu

Cavour a Villamarina, 13 mars

à Palerme, préparée et conduite avec une remarquable maladresse, mais, historiquement, d'une importance capitale : dans la ville, la force armée l'étouffa rapidement, une douzaine de malheureux furent fusillés, et l'ordre rétabli par la terreur; dans la campagne, l'insurrection tenait encore les vallons boisés et les crêtes rocheuses, mais sa répression n'était qu'une affaire de temps et de sang1. Seulement, les dispositions étaient changées en Italie, il s'y était créé une solidarité nationale, un tel événement ne pouvait qu'avoir dans le nord une immédiate répercussion.

Cavour n'était point sans inquiétude, car l'insurrection sicilienne était née sous l'inspiration de Mazzini, suscitée par ses lieutenants Rosalino Pilo et Crispi; l'exilé de Londres — ou d'ailleurs — reprenait son influence ; et il était à craindre que le mouvement national se tournât vers lui2; les hommes d'extrême gauche ralliés depuis une année à la politique de Victor-Emmanuel, Garibaldi et ses amis les tout premiers, risquaient de revenir à celui qui affirmait : « L'Italie ne peut réaliser son unité par la maison de Savoie ». Pour les détourner de cette tentation, pour les maintenir dans l'action de la monarchie sarde, il fallait donc, non point les contrecarrer, mais les aider sous main, leur faciliter une intervention qui profiterait à la monarchie piémontaise et « conduirait à l'ordre par la Révolution ».

Dans les premiers jours d'avril un groupement s'était constitué sous le nom de Comitato di soccorso ail' emigrazione italiana, qui avait pris pour tâche de secourir les insurgés de Sicile, et les volontaires affluèrent, pleins de zèle, démunis

1. M. Baulard, vice-consul de France, au ministère, 10 et 15 avril 1860 ; M. Brenier au ministre des Affaires étrangères, 14 et 17 avril 1860. Docu* ments diplomatiques, 1860.

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