‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 244 sur 347 · Cavour au prince Eugène de Carignan, 18 mai · texte numérisé non relu

Cavour au prince Eugène de Carignan, 18 mai

5. Cavour à l'amiral Serra, an commandant Mathieu, 10 mai: à Persano, 14 mai 1860.

manquait de munitions, n'avait fait escale que pour se ravitailler dans la forteresse d'Orbetello, dont le commandant livra sans difficulté tout ce qui lui fut demandé. Une soixantaine d'hommes, laissés à terre par manière de diversion, franchirent la frontière romaine, tiraillèrent avec les gendarmes du pape et revinrent en Toscane où ils se laissèrent facilement désarmer.

Pendant quelques jours, Cavour vécut dans une attente anxieuse, ferraillant avec les représentants des grandes puissances, annonçant à Talleyrand que « le vaisseau Victor- Emmanuel était parti de Cagliari avec l'ordre d'arrêter l'expédition de Garibaldi dans les eaux sardes et romaines1 », — ce qui n'était exact qu'à raison du coup de main d'Orbetello et omettait les eaux napolitaines, — glissant à Stackelberg que « le cabinet de Turin avait toléré l'embarquement des volontaires afin de s'assurer la majorité dans la discussion à laquelle allait donner lieu, dans les Chambres, la présentation du traité du 24 mars2 », engageant enfin avec le gouvernement anglais des négociations aussi serrées que favorables3. Il était d'ailleurs accablé de travail, au Parlement, dans son cabinet, dans l'assimilation des nouvelles provinces, car « les multitudes, habituées à concrétiser et à personnifier chaque idée, incarnaient dans le président du Conseil le concept des aspirations nationales * ». Le 13 mai, enfin, un télégramme le tira d'anxiété.

Le 11, Garibaldi était arrivé en vue de Marsala, à l'extrémité occidentale de la Sicile. Deux croiseurs napolitains

1. Talieyrand à Cavour, télégramme, 12 mai 1860, 10 h. 15 soir.

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