De Cesare, La fine di un regno, II, p. 239 et suiv
« Cette concession ne le sauvera pas, car ses sujets n'ont pas confiance en lui1 ». Le premier mouvement du roi avait été rétrospectif : il avait fait appel à l'Autriche, qui avait si souvent secouru sa dynastie : mais l'Autriche de Metternich et de Schwarzenberg n'était plus et Cavour menaçait : « Dès qu'un Autrichien aura mis le pied sur le sol napolitain, le gouvernement du roi ne mettra plus aucun obstacle aux expéditions pour la Sicile ~ »... ce qui n'aurait point changé grand'chose à la réalité. Le gouvernement desDeux-Siciles dut donc se résoudre à adresser à Napoléon une pressante demande de médiation, ajoutant que la constitution allait être « décrétée », que quatre ministres avaient « reçu leur démission » [sic). « Je me remets entre les mains de l'empereur », aurait ajouté François II3.
Le o juin, M. Thouvenel répondit : « Sa Majesté ne jugerait utile d'ouvrir des pourparlers avec ses alliés, au sujet d'une médiation, que sur les bases suivants : 1° Séparation de la Sicile sous une branche de la maison régnante de Naples ; 2° Constitution à Palerme et à Naples ; 3° Pacte d'alliance entre Naples, la Sicile et la Sardaigne '* ». Et il demandait aux cabinets intéressés s'ils voyaient là les éléments d'une solution qu'ils pussent seconder.
Que ces propositions fussent humiliantes pour la monarchie de Xaples ; que l'alliance projetée fût d'une réalisation impossible, union de deux dynasties, que tout séparait et prêtes à se jeter l'une sur l'autre, « mariage de la carpe et du brochet », il était difficile d'en disconvenir. Le cabinet