‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 250 sur 347 · Talleyrand à Thouvenel, 23 juin · texte numérisé non relu

Talleyrand à Thouvenel, 23 juin

nuel, qu'il aimait sincèrement ; tantôt sous l'influence des mazziniens, et désireux de retarder l'annexion de la Sicile à la monarchie sarde et « de délivrer successivement toute l'Italie avant de la placer entre les mains du roi ». Il détestait Gavour, qui avait « vendu » Nice, et « se défiait de tous ceux qu'il supposait avoir des rapports avec lui ' ; dès le milieu de juin il était en conflit avec La Farina, parce que délégué du cabinet cavourien; le fondateur de la Société nationale n'était d'ailleurs point l'homme de la situation, actif mais sans doigté, énergique mais obstiné ennemi personnel de Grispi, qu'il parvint à évincer provisoirement ; l'amiral Persano, conciliant, habile, bien conseillé par le premier ministre, s'efforçait de ramener la paix au camp des Garibaldiens 2 ; il n'y parvint pas, et la querelle entre le général et le délégué du ministère devint telle que Garibaldi, pris de colère, expulsa tout simplement La Farina comme un vulgaire « indésirable ». Cavour en fut outré, se fâcha, et sur le moment même télégraphia au gouverneur de Gênes de « ne fournir plus rien aux agents de Garibaldi, sans un ordre précis du ministère3 ». Comme il ne pouvait être question de ne point ravitailler l'expédition, le président du Conseil se calma, envoya armes et munitions, et, pour remplacer La Farina, délégua en Sicile Depretis. Le choix n'était non plus heureux, car celui-ci, « homme indécis, irrésolu, qui ne savait affronter l'impopularité », n'avait point les qualités nécessaires pour « conduire un grand mouvement politique 4 » ; mais il avait été mazzinien avec autant de convic-

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